• Il en parle

    Merci au Docteur Philipe Desmangles de m'avoir permis de publier son témoignage article fort intéressant concernant la coupe.

    Êtes-vous prêtes pour la coupe menstruelle?


     




    La période des règles est un moment clef qui régule le quotidien d'une femme. Des fois, c'est comme un hiatus dans l'activité féminine tant cette période peut être invalidante.





    Elle ne peut aller à la plage parce qu'elle a ses règles, une équipe féminine d'un quelconque sport a perdu pour un temps son pilier pour la même raison... Ces restrictions proviennent de la douleur mais aussi de la protection féminine utilisée. Le secret de cette dernière serait de mettre ces dames dans des états confortables lors de leur incommodité. Je vais donc en parler aujourd'hui, moi, un homme, médecin oui, mais orthopédiste et urgentiste ; mais surtout père de deux adolescentes et époux, voici donc le résultat de cet amalgame !
    Avant l'invention des serviettes hygiéniques par Kimberly Clark en 1920, les femmes ont utilisé plusieurs substances pour les flux menstruels comme de la laine, du papyrus, du coton et des racines absorbantes. Plus près de nous, nos grand-mères utilisaient des morceaux de tissus qu'elles lavaient après ; de là venait cette savoureuse expression de « dyol grann mare » annonçant l'indisponibilité du lieu, reportant ainsi les galipettes à une date ultérieure sinon « la p'fè le san toufe li ».
    Cependant notre société de consommation rebute à certaines corvées et inventa le « jetable après une utilisation ». Kimberly Clark vint donc avec une serviette hygiénique jetable et lui donna le nom de Kotex, qui vient des mots « coton » et « textile ». Mais cette protection féminine qui élimine le lavage des twal san, possède quand même de petits inconvénients : elle déforme la silhouette féminine (vous voyez où), interdit le port du costume de bain, les bains publics ainsi que certains sports comme la bicyclette et l'équitation (ceci dit sous toutes réserves car toutes mes amies ne s'accordent pas sur ce point). De plus, certains mouvements, ayant la fâcheuse habitude de déplacer le sous-vêtement sur lequel sera collé plus tard la serviette (remplaçant ainsi les fameuses bandelettes dont seules les femmes d'un certain âge se souviennent), occasionnaient ces fameuses fuites tachant irrévérencieusement l'habit. Il fallait donc une meilleure protection et le Dr Earl Haas décida d'aller un peu plus au fond des choses.
    Si les serviettes hygiéniques se mettaient au dehors, pourquoi ne pas recueillir le sang pratiquement à sa source ? L'idée n'était pas nouvelle : les égyptiennes de la noblesse pharaonique utilisaient des petites baguettes en bois entourées de lin, de coton ou de laine. En 1931 un médecin américain, le Dr Earl Haas, eut l'idée de reprendre le principe du tampon chirurgical pour remplacer les serviettes hygiéniques, source d'infections. Pour éviter que ce tampon ne soit contaminé par des mains (sales) lors de son introduction, il inventa un tube applicateur aseptisé et un cordon cousu au tampon. Il baptisa son invention Tampax en les mots tampons et pack, le mot tampax en combinant fait partie des marques utilisées comme noms. Il fit breveter son invention le 19 novembre 1931 mais échoua dans sa tentative de rendre publique son invention. Il fallut attendre qu'une femme d'affaires de Denver, Gertrude Tenderich, racheta la licence en 1993 pour 32 000$, pour que son utilisation se généralisa surtout après la Seconde Guerre Mondiale.  
     
         
      Mais serviettes et tampons, ces inventions qui devaient simplifier la vie du beau sexe ont un revers de médaille : elles nuisent à l'environnement, car il faut les jeter ! Cette nuisance se retrouve à plusieurs niveaux ; tous, nous avons eu cette mauvaise expérience de toilette bouchée par elles, tout simplement parce que soit il n'y avait pas de poubelles où les jeter ou tout simplement parce que la belle par habitude culturelle répugne à laisser son sang à la portée d'un quelconque malhonnête, qui celui-ci pourrait l'utiliser à des fins peu avouables lors de pratiques cabalistiques...
    Rejetées dans les décharges publiques ou dans les toilettes, les protections féminines créent encore des problèmes et l'O.N.G. Greenpeace affirme que cette industrie est l'une des plus polluantes du monde. Les tampons et les applicateurs se retrouvent dans les océans et posent de nombreux problèmes aux poissons et aux mammifères aquatiques. Et le problème est de taille. Imaginez un pays où il y aurait environ 4 millions de femmes en âge d'avoir des règles. Une seule femme utilise, en moyenne, 3 tampons ou 3 serviettes jetables pendant 4 jours tous les mois, soit un total de 144 jetables sur une année. En multipliant ce chiffre par 4 millions de femmes, le résultat impressionnant est de : 576.000.000 tampons et serviettes jetés en un an dans un seul pays.
    Aussi une autre option était-elle proposée : la coupe menstruelle (nous y voilà enfin)!

    Une coupe menstruelle ou coupelle menstruelle est une petite coupe en forme de cloche aux abords arrondis et terminées par une petite tige. Généralement en matière silicone (substance très peu allergique), elle est très souple. La femme introduit la coupe manuellement dans le vagin et la porte pendant le temps des menstruations afin de recueillir le sang menstruel.
    Contrairement à un tampon hygiénique ou une serviette hygiénique, la coupe n'absorbe pas le sang et ne le récupère pas à l'extérieur du corps. Pendant les menstruations, la coupe doit être vidée et rincée à l'eau claire deux à trois fois par jour (il ne faut pas la garder plus de 12h dans le vagin sans la rincer). Entre deux périodes d'utilisation, la coupe doit-être stérilisée avec de l'eau bouillante puis rangée dans le sac généralement fourni à cet effet. La coupe menstruelle est réutilisable et a une durée de vie annoncée par les fabricants allant jusqu'à dix ans. On imagine bien les économies que cela représenterait !
    La coupe existe en deux tailles dont une pour la femme qui n'as pas encore accouché et l'autre pour celle qui a déjà connu les joies de l'enfantement. Elle était la solution à bien des problèmes, par exemple plus d'angoisse de se salir, plus de limitation pour les sous-vêtements pendant la période des règles, oui, vive les strings et pas de chance de fuite. L'effet ventouse est excellent et la coupe ne laisse rien passer. Pas besoin donc de mettre ces petites serviettes spéciales, de laver les culottes, d'être obligé d'en mettre des noires...
    Mais son avantage majeur était surtout que le sang restant à l'intérieur ne s'oxyde pas, donc aucune chance pour les odeurs... (et c'est là que je me fais incendier !). J'insiste à dire à nouveau que l'odeur est due à l'oxydation du sang au contact de l'air, donc plus une serviette reste à demeure et plus l'odeur à la chance d'être sentie !

    Mesdames, voilà donc cet article écrit pour vous. Faites votre choix : d'un coté les fuites, l'odeur, les toilettes bouchées, les poissons avec un tampax coincé au fond de la gorge... De l'autre, une nature polluée par autre chose...


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